Les évènements se multiplient en ce moment autour de la question de l'air intérieur. Alors qu'une première matinée organisée par Actena avait lieu le 25 octobre dernier à l'occasion du salon Energivie, Mardi 13 novembre s'est tenu à la Maison de la Région à Strasbourg, un colloque sur l'air intérieur à l'initiative de la Mutualité Française de l'Est. Alors que retenir de ces évènements ?
Tout d'abord quelques chiffres rappelés par Mme Andrée Buchmann, Vice-Présidente de la CUS en charge du développement durable, mais surtout Présidente de l'Observatoire de la Qualité de l'Air Intérieur (OQAI) depuis 2001. Il y a aujourd'hui en France près d'une centaine de décès par an dus au monoxyde de carbone. Par ailleurs, on recense annuellement plus d'un millier de cas de légionelloses. Ces quelques données montrent l'importance d'avoir placé les questions de l'air intérieur parmi les priorités des différents PNSE (Plan National Santé Environnement) qui ont été mis en œuvre depuis 2004. Sonia Doisy (DREAL Alsace) elle, rappelle que l'OMS lie les facteurs environnementaux à 14% de la morbidité, et 15% de la mortalité en Europe.
Poussières, CO, moisissures, allergènes, radon, formaldéhyde et autres COV... comment peut-on se prémunir de ces polluants qui occupent des espaces où nous passons aujourd'hui plus de 80% de notre temps? Les acteurs sont nombreux et leurs actions complémentaires. Le Dr Alexandre Feltz, Vice-Président de la CUS en charge de la santé, travaille à sensibiliser les bailleurs sociaux, où des problèmes de moisissures apparaissent chroniquement, et qui peuvent être à l'origine des nombreuses demandes de changement de logement. L'ASPA, l'association en charge de la surveillance de l'air en Alsace, effectue de nombreuses mesures sur l'air que nous respirons, mais conduit également des travaux de recherche et d'investigation sur l'émissivité des matériaux. Elle mène en parallèle des actions de sensibilisation et d'information, et a créé un site dédié où tout un chacun peut faire un point sur son exposition aux polluants de l'air : http://www.laircmonaffaire.net/
Au détour d'une discussion avec la salle, le Pr Frederic De Blay évoquant la "mode" actuelle autour des huiles essentielles, rappelle que ces substances sont très fortement émissives en COV, et qu'elles sont d'ailleurs interdites dans les produits écolabellisés, car considérés comme allergisantes. Enfin, il n'est pas rare d'observer des taux de limonène supérieurs au mg/m3 dans les foyers des adeptes de ces substances, ce qui pose un certain nombre de questions.
Enfin, Mme Martine OTT a présenté le dispositif des CMEI (Conseiller Médical en Environnement Intérieur) en place depuis quelques années, et qui reste quelque peu méconnu. Les CMEI peuvent réaliser des visites au domicile de personnes souffrantes de troubles respiratoires, sur prescription médicale. Ils réalisent alors un premier diagnostic du logement afin d'identifier les sources potentielles de pollution intérieure dans l'habitat. Une fois ce bilan effectué, ils conseillent les particuliers sur les solutions à mettre en œuvre, depuis des conseils pouvant relever du bon sens pratique (aération, lavage des textiles) à des prescriptions plus techniques (utilisation d'aspirateur à filtre HEPA, substitution des matériaux présents...).
L'air intérieur est aujourd'hui une question centrale de la santé environnementale. Elle est intimement liée à l'évolution des matériaux contenus dans nos objets d'usage, de consommation, ou dans les constructions, et témoigne de notre aptitude à mener une transition écologique nécessaire vers de nouveaux modes de développement.
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