Le programme des Nations-Unies pour l'environnement (PNUE) a présenté le 4 août dernier, un rapport sur les impacts de l'exploitation pétrolière en pays Ogoni (Nigéria). C'est une étude particulièrement poussée, qui a été conduite par le PNUE, dont les équipes ont notamment passé en revue plus de 5000 dossiers médicaux, dialogué avec plus de 23000 personnes lors de réunions publiques locales, et analysé plus de 4000 échantillons d'eau (1).
La pollution constatée est monumentale. Ainsi, dans une nappe phréatique, une couche de 8 cm de pétrole raffiné a été découverte. Par endroits, l'eau utilisée dans l'alimentation présente des taux de benzène 900 fois supérieurs aux normes de l'OMS. Le rapport du PNUE estime qu'il faudra 25 à 30 ans de travail pour ramener cette région à des conditions acceptables pour la santé de ses habitants, et sa remise en bon état écologique. Cette durée part du postulat d'une coopération des compagnies pétrolières, de l'état fédéral, et de la société civile, ainsi que d'une limitation de la corruption, et de la mobilisation d'un fond d'un milliard de dollars, somme de conditions dont la réunion est loin d'être évidente.
Il faut se rappeler que la région pétrolifère du Delta du Niger, est en proie à de fréquentes violences, tant de la part des forces armées et de police, que des activistes ogonis qui se sont radicalisés ces dernières années (2). Pour mémoire, Ken Saro-Wiwa, militant écologiste et leader du MOSOP, mouvement pacifiste qui s'opposait aux méthodes des compagnies pétrolières, avait été condamné à mort, et exécuté par pendaison en 1995.
La compagnie Shell, sans reconnaître ses torts, avait déboursé 15,5 millions de dollars en 2009, pour mettre fin aux accusations de complicité de violation des droits humains au Nigéria, notamment dans le cas de l'arrestation et de la pendaison de Ken Saro-Wiwa (3).
Shell, qui exploite une bonne partie des gisements de la région, est ouvertement mis en cause, pour ne pas respecter ses propres procédures. Après cela, la compagnie anglo-néerlandaise peut bien se vanter dans ses rapports développement durable de favoriser l'émergence de systèmes d'assurance-santé pour les communautés locales (4). Mieux vaut prévenir que guérir...
Shell, qui exploite une bonne partie des gisements de la région, est ouvertement mis en cause, pour ne pas respecter ses propres procédures. Après cela, la compagnie anglo-néerlandaise peut bien se vanter dans ses rapports développement durable de favoriser l'émergence de systèmes d'assurance-santé pour les communautés locales (4). Mieux vaut prévenir que guérir...
Sources :
1. PNUE, Communiqué de presse, http://www.unep.org/dnc/Portals/155/countries/nigeria/press_release_ogoniland_fr.pdf
2. Amnesty International, Rapport 2008, la situation des droits humains dans le monde
3. BBC, 9 juin 2009, Shell settles, Nigeria deaths case, http://news.bbc.co.uk/2/hi/africa/8090493.stm
4. Shell, 2010, Synthèse sur le développement durable, p. 6, http://sustainabilityreport.shell.com/2010/servicepages/previous/files/10_review_french.pdf


Il est à noter que les deux principales organisations ogonis, le MEND (acceptant l'usage de la violence) mais aussi le MOSOP (mouvement non-violent dont faisait partie Ken Saro-Wiwa), ont tous deux rejeté le rapport du PNUE, estimant qu'il minimise les atteintes aux populations locales et à l'environnement. Voir http://www.afriquejet.com/pollution-petrole-nigeria-2011081320537.html
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