Voilà une quinzaine de jours que le gouvernement du président fraîchement
élu a été mis en place. Nous nous sommes posé la question de savoir quelle
politique environnementale pourrait conduire la nouvelle présidence, durant son
quinquennat, en particulier dans l’hypothèse où le résultat des législatives
resterait favorable aux socialistes le 17 juin prochain.
Pour ce début de mandat, le président de la
République, qui s’est engagé à faire de la France, « la nation de l’excellence
environnementale » (1), a su définir ses symboles en faisant le choix de
se déplacer en Citroën hybride DS5. Cette action a été salué par le Club des
Voitures Écologiques (2), portant la
double signification du souci de la production en France, et de l’exemplarité
écologique. Sur le plan de la production nationale, selon Europe 1 « l’opération
représente un coup de pub équivalent à 10 millions d’euros » pour
le constructeur aux chevrons (3). Pour l’exemplarité, on pourra également mettre en avant l’initiative du
nouveau chef de l’État d’avoir utilisé le train pour ses premiers déplacements
en Europe, marquant ainsi sa volonté de privilégier les transports doux. A noter d'ailleurs, que pour le conseiller sur l'environnement, il s'est entouré de Patrick
Vieu, qui est un spécialiste reconnue des questions des
transports (4).
Sa nomination a été saluée par WWF (5). Greenpeace et FNE, de leur côté, ont été satisfait
de voir le retour de l'énergie dans le giron du ministère de l'écologie, bien que FNE regrette tout de même la séparation du logement (6). Du côté de l'UMP, on regrette l'éclatement du super ministère, privé de ses compétences sur le logement, même si Bertrand Pancher, député UMP de la Meuse, avait déjà regretté la séparation
de l'énergie lors de la nomination de Nathalie Kosciuzko-Morizet en novembre 2010
(7), compétence aujourd'hui retrouvée par le nouveau ministère.
Parmi les
promesses de campagne du nouveau président figurait également un grand débat
national sur la transition énergétique, dont l’objectif annoncé serait d’aboutir
à une loi dans le courant de l’année 2013.
Sur le plan des énergies renouvelables, François Hollande avait exprimé le souhait de
simplifier les démarches administratives pour l'éolien, de supprimer les zones de
développement éolien, et de rétablir les tarifs de
rachat pour le photovoltaïque plutôt que de continuer la pratique des appels d'offre qui avait été instauré depuis la fin du
moratoire de mars 2011. Autre objectif, mettre aux nouvelles normes chaque année un million de logements, objectif qui pourrait nécessiter d'apporter quelques mesures complémentaires
à la RT 2012.
Parmi les actions en cours, le développement de nouvelles filières de responsabilité élargie du producteur sur les Dasri, les
déchets diffus spécifiques (colles, solvants...), ou encore les meubles. il faudra également mener à terme l'expérimentation sur l'affichage environnemental des produits de grande consommation débuté l'été dernier. Quelques controverses attendent également la nouvelle équipe : le reporting RSE des entreprises, qui avait fait l'objet d'un fort lobbying pour repousser les échéances de mise en place obligatoire, la pollution
visuelle et la publicité extérieure dont le décret d'application avait été décrié, ou encore la garantie de l'indépendance de l'Ademe en région, récemment lié aux préfets pour une part de leur administration.
A l'agenda européen, un projet de refonte de la directive sur le contenu en soufre des carburants maritimes, qui doit être examiné au Conseil Environnement en juin, le programme de prévention que les États membres, conformément à la directive cadre sur les déchets, doivent remettre d'ici à décembre 2013, ou encore le bilan attendu des actions menées dans le cadre de la directive cadre sur l'eau (DCE) à l'échéance 2015 (1).
A l'échelle internationale, des questions se poseront sur la future politique climatique et énergétique avec prochaine conférence des parties qui aura lieu à Doha, au Qatar, du 26 novembre au 7 décembre 2012.
Plus proche de nous, le sommet RIO+20, qui se tiendra du 20 au 22 juin, 20 ans après le sommet de la Terre de 1992, qui avait fait émerger le concept de développement durable. François Hollande a déclaré
vouloir s'y rendre personnellement. La France devrait y défendre comme elle le fait depuis quelques temps, la création d'une organisation mondiale de l'environnement au sein de l'ONU, afin d'améliorer les conditions de gouvernance mondiale sur ses sujets difficiles. Pour
préparer ce sommet, la nouvelle ministre a d'ailleurs organisé un
séminaire pour faire le point sur les initiatives des collectivités en
matière de développement durable (8).
Des défis multiples et complexes que nous suivrons attentivement...
Sources :
1. Dominique Pialot, La Tribune, 16 mai 2012,
2. Delphine
Rabasté, Néoplanète, 15 mai 2012,
3. Ghislain Poupeney, CleanTech Republic, 9 mai 2012,
4. Laurence Benhamou, GreenUnivers, 21 mai 2012,
6. Philippe Collet,
Actu-Environnement, 21 mai 2012,
7. Bertrand Pancher, Nouvel Observateur, 22 mai 2012,
8. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-collectivites-locales-en-route.html
3. Ghislain Poupeney, CleanTech Republic, 9 mai 2012,
4. Laurence Benhamou, GreenUnivers, 21 mai 2012,
http://www.greenunivers.com/2012/05/a-lelysee-le-conseiller-environnement-de-hollande-sera-patrick-vieu-77822/
5. Cécile Cassier, Univers Nature, 18 mai 2012,
5. Cécile Cassier, Univers Nature, 18 mai 2012,
7. Bertrand Pancher, Nouvel Observateur, 22 mai 2012,
8. http://www.developpement-durable.gouv.fr/Les-collectivites-locales-en-route.html
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